Air intérieur du logement

Nous passons environ 14 heures par jour à notre domicile et l’air que nous y respirons n’est pas toujours de bonne qualité. Les sources de pollution sont multiples et se regroupent principalement en trois catégories :

  • Les bio contaminants (moisissures, allergènes domestiques issus d’acariens ou d’animaux domestiques,…)
  • Les polluants chimiques ayant comme sources les appareils à combustion, les matériaux de construction, les meubles, les produits d’entretien, le tabagisme,…)
  • Les polluants environnementaux (le radon fait l’objet d’une fiche dédiée)

Une mauvaise qualité de l’air intérieur peut avoir des effets néfastes sur la santé des occupants.

Conseils pour améliorer la qualité de l’air intérieur en adoptant quelques gestes simples :

  • Aérez votre logement au moins 10 à 15 minutes par jour, hiver comme été, et davantage quand vous bricolez, cuisinez, faites le ménage, faites sécher du linge à l’intérieur ou prenez une douche ou un bain. 🡪Aérer permet de renouveler l’air intérieur et de réduire la concentration en polluants de votre logement. Pensez à fermer les radiateurs lorsque vous aérez et si possible, faîtes-le en dehors des heures de circulation importante.
  • N’entravez pas le fonctionnement des systèmes d’aération mécanique et entretenez-les régulièrement. 🡪 Les systèmes d’aération permettent d’apporter de l’air neuf, d’évacuer les odeurs et les polluants, d’éliminer les excès d’humidité et de fournir aux appareils à combustion l’oxygène dont ils ont besoin. Pour que votre ventilation fonctionne bien, il ne faut jamais boucher les grilles hautes et basses d’aération, et nettoyer régulièrement les bouches d’extraction, les filtres et les entrées d’air. Un spécialiste assurera l’entretien complet de votre VMC (ventilation mécanique contrôlée) tous les trois ans environ.


  • Faites vérifier chaque année avant le début de l’hiver les appareils à combustion et installations par un professionnel (chaudière, chauffe-eau,…).
  • Évitez d’utiliser les chauffages d’appoint combustibles mobiles en continu et ne jamais utiliser, et sous aucun prétexte, les groupes électrogènes à l’intérieur, dans un garage, une cave ou tout autre lieu fermé.
  • Ne fumez pas à l’intérieur, même fenêtres ouvertes. Le tabac est la première source de pollution dans l’habitat et peut avoir des conséquences graves chez le fumeur et pour son entourage.
  • Optez pour les produits d’entretien et de bricolage les moins nocifs possibles. 🡪 Pour les produits de construction ou de revêtement de murs, sols ou plafonds (cloisons, panneaux, moquettes, papiers peints, peintures,…) et les produits nécessaires à leur mise en œuvre (isolants sous-couches, vernis, colles, adhésifs,…), comparez et choisissez les produits porteurs de l’étiquette désormais obligatoire « Emissions dans l’air intérieur » qui fait état des émissions les plus faibles.
  • Respectez les doses d’utilisation des produits d’entretien et de bricolage conseillées sur l’étiquette.
  • Évitez l’usage de produits odorants (sprays désodorisants, bougies parfumées, encens, etc.). Ils ne font que masquer les odeurs indésirables et saturent l’air intérieur de produits de synthèses ou issus de la combustion. Les diffuseurs de parfums en continu sont à proscrire. Pour chasser les mauvaises odeurs, il est préférable d’aérer vos pièces.

Lorsque les effets d’un air intérieur pollué sont immédiats, ils peuvent engendrer une gêne et de l’inconfort, par exemple une irritation des yeux, du nez, de la gorge,… Cela peut également se traduire par une gêne olfactive susceptible de causer des nausées, de la toux ou des crises d’asthmes. Si vous avez des symptômes potentiellement liés à l’air de votre logement, n’hésitez pas à en discuter avec votre médecin qui pourra faire intervenir chez vous un conseiller en environnement intérieur.

Soyez encore plus vigilante si vous êtes enceinte ou si vous allaitez.

Pour plus d’informations :

  • Consultez la fiche Tabac du Portail d’information des publics Cancer Environnement du Centre Léon Bérard : http://www.cancer-environnement.fr/267-Tabac.ce.aspx
  • Naviguez au travers de cette maison interactive et testez votre capacité à identifier les nombreuses sources de pollution de l’air intérieur. Saurez-vous toutes les retrouver ? http://www.prevention-maison.fr/
  • Toutes les mesures liées à l’air intérieur mises en place par les pouvoir publics sur le site du Ministère en charge de l’environnement : https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/qualite-lair-interieur

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Radon

Le radon est un gaz radioactif d’origine naturelle, inodore et incolore. En s’infiltrant depuis le sous-sol, il s’accumule dans les espaces fermés (ex : habitations…). Sur les 30 000 décès par cancer du poumon recensés chaque année en France, il est estimé qu’environ 3 000 sont potentiellement attribuables à une exposition au radon (Ajrouche et collègues, 2018).

Compte tenu de la composition de leurs sols, certaines zones géographiques sont plus concernées par la présence de radon que d’autres ; c’est notamment le cas des massifs anciens (Massif Central, Vosges, Corse, Bretagne, etc…). La connaissance des caractéristiques des formations géologiques du sol en France a permis l’établissement d’une cartographie des zones dans lesquelles la présence de radon à des concentrations élevées dans les bâtiments est la plus probable. Environ 7 000 communes (soit moins de 20%) correspondant au potentiel le plus élevé sont considérées comme prioritaires pour la gestion du risque radon  (https://www.irsn.fr/FR/connaissances/Environnement/expertises-radioactivite-naturelle/radon/Pages/5-cartographie-potentiel-radon-commune.aspx#.W4f15ZpOLIU).

La réduction de la teneur en radon dans les habitations passe d’abord par un temps suffisant d’aération naturelle du logement (5 à 15 minutes matin et soir). Des solutions plus ou moins complexes et coûteuses peuvent par ailleurs être mises en œuvre, en fonction des niveaux de radon mesurés :

  • Entre 300 Bq/m3 (valeur en-dessous de laquelle la Commission Européenne recommande de se situer) et 1 000 Bq/m3 : des travaux simples peuvent dans un premier temps être mis en œuvre comme par exemple colmater les fissures sur le sol et les murs pour limiter l’entrée du radon ou améliorer la ventilation naturelle de l’espace occupé (réglettes d’aérations en bas des portes, bouches d’aération vers l’extérieur…). Lorsque ces mesures s’avèrent insuffisantes, la mise en oeuvre de travaux plus lourds peut s’avérer nécessaire (pose de ventilation mécanique ; dalle de béton étanche…..).
  • Lorsque les mesures sont élevées (supérieure à 1 000 Bq/m3): il est souvent nécessaire d’entreprendre des travaux plus importants, si nécessaire avec l’aide d’un professionnel, par exemple pour agir directement au-niveau du sous-bassement du bâtiment.

Il est à noter qu’il existe un effet synergique entre l’exposition au radon et au tabac sur le risque de cancer du poumon. Les régions granitiques peuvent également être confrontées à la présence d’arsenic dans les eaux de boisson. Il est donc pertinent de réduire au maximum l’exposition aux différents facteurs de risque sur lesquels il est possible d’agir.

Pour plus d’informations :